Poitiers, le 10 avril 2020

Cher.e.s collègues,

Nous vivons actuellement une période de crise tout à fait exceptionnelle, qui met à l’épreuve les capacités d’adaptation et de résilience. Face à cette épidémie, l’humanité a montré sa détermination, son courage et sa solidarité.

Nous sommes conscients que toutes les mesures prises contribuent à dépasser cette période difficile, mais que cela va encore prendre du temps.

En attendant, à défaut de pouvoir agir sur les circonstances extérieures, il convient de focaliser essentiellement notre attention et notre énergie au quotidien sur ce que nous pouvons faire chacun pour avancer jour après jour et pour renforcer nos ressources physiques et mentales.

Voici une synthèse des messages importants pour protéger votre santé et votre bien-être :

Porter un masque à l’extérieur :

Les recommandations ont évolué ces derniers temps sur le port des masques barrière (en tissu ou de type chirurgical), en complément de la distanciation sociale.

Vous savez que le vecteur principal de transmission du virus sont les gouttelettes et les aérosols produits quand on parle, quand on tousse ou éternue. La véritable mesure barrière est le port d’un masque devant le nez et la bouche. Porter un masque lors des sorties absolument nécessaires (courses, travail) est un geste altruiste qui protège les autres, en cas de portage du coronavirus : « Je porte un masque pour te protéger, tu portes un masque pour me protéger ».

Les masques en tissu sont moins efficaces à protéger le porteur que les masques de type chirurgical, mais ont l’avantage d’être lavables en machine à haute température. Les masques de type chirurgical sont réutilisables après passage au four à 70°C pendant 30 min.

Équilibrer les informations positives et négatives

Depuis de nombreuses semaines, tous les jours, nous sommes bombardés par de mauvaises nouvelles : le nombre de personnes infectées, le nombre de décès en France et à l’international, les conséquences sur l’économie. Ce type de messages répétitifs maintient un niveau d’anxiété élevé, ce qui risque de nous décourager ou de nous épuiser.

La solution serait de limiter le temps passé à s’informer tous les jours, exemple 20-30 minutes par jour, en utilisant 1-2 sources d’informations, et d’équilibrer notre diète médiatique avec des messages encourageants, des exemples de solutions pratiques et des informations de toute autre nature. La psychologie positive nous dit que pour fonctionner de manière optimale dans une situation difficile, notre cerveau a besoin de 3 fois plus de messages positifs que négatifs.

Ce sont donc surtout les messages positifs qui méritent d’être rediffusés sur les réseaux sociaux et auprès de nos proches, que nous souhaitons soutenir et encourager.

Rester en contact avec les autres

Vous savez que la distanciation sociale n’équivaut pas l’isolement social. Ensemble, on n’est pas seulement plus fort, on est également plus heureux. Travailler en équipe est plus agréable que de travailler tout seul, devant son écran.

De plus, pour beaucoup d’entre nous, le travail correspond à une mission au service des autres, ce qui donne sens à la vie.

L’idée est de faire de son mieux, tous les jours, pour maintenir une routine d’échanges et d’interactions sociales, avec un cercle élargi de personnes, que ce soit avec des collègues, des amis ou de la famille, comme dans la “vie normale”.

Rester en contact permet également de veiller les uns sur les autres. L’entourage professionnel est dans une bonne position pour repérer les changements d’attitude ou de comportement d’une personne, les signes de détresse ou l’expression de difficultés, des fois plus que l’entourage proche.

    Les personnes observant des changements préoccupants dans la situation de leurs collègues sont invités à prendre contact avec notre service de médecine préventive (medecine.travail@univ-poitiers.fr).

Faire plus d’activité physique

La sédentarité associée au confinement, prolongée dans le temps, va avoir un impact négatif sur la santé et le bien-être de chacun d’entre nous. A ce titre, une blague qui circule sur internet nous dit que “de cette crise nous ne sortirons peut-être pas grandis, mais certainement plus gros”.

De par le confinement, nous avons perdu les occasions de bouger, pour cette raison il est important de s’astreindre de manière volontaire à augmenter le niveau d’activité physique, tous les jours. Vous savez que la pratique régulière d’activités physiques a de nombreux bénéfices : baisse du niveau de stress, meilleur tonus psychique, bien-être physique, perte de poids, meilleure image de son corps. On dit que l’activité physique est la seule activité où plus on dépense d’énergie, plus on en gagne.

Pour rappel, les recommandations de l’OMS sont de 2h30 d’activité physique d’intensité modérée par semaine, soit une moyenne de 21 minutes par jour, tous les jours. Une intensité modérée de l’effort physique permet de soutenir une conversation pendant l’effort ou peut être évaluée comme un niveau de 5-6 sur une échelle de 0 à 10. Exemples d’activités physiques de niveau modéré : faire de la marche rapide, jouer avec les enfants, faire du jardinage, danser, passer l’aspirateur, etc.

Vous trouverez sur YouTube d’excellentes vidéos pour faire du sport à la maison, dont celles mises en ligne par nos collègues du SUAPS.

A part les exercices dynamiques, l’OMS recommande de faire régulièrement des exercices de renforcement musculaire (10 exercices répétés environ 10 fois, 2 fois par semaine), des exercices d’étirement musculaire et d’assouplissement.

Quelques astuces pour bien commencer :

– Profiter de toute occasion pour augmenter le temps passé à rester debout : préparer à manger, passer un coup de fil, discuter avec un proche, même lire un livre
– Considérer l’exercice physique comme un médicament prescrit par votre médecin : 2 fois 5-10 minutes par jour, tous les jours
– Programmer l’activité physique aux moments de la journée où on a plus d’énergie
– Se dire, puis constater, que l’activité physique augmente le niveau d’énergie
– Ne pas aller trop vite dans l’intensité de l’effort : prendre le temps de s’échauffer, contrôler sa fréquence cardiaque, progresser par palier
– Se fixer des objectifs, comme la date à laquelle on avancera au prochain niveau d’effort ; ajuster ses objectifs au besoin et se récompenser lorsqu’ils sont atteints

Profiter de cette période pour arrêter de fumer

Les études récentes montrent que les fumeurs font deux fois plus de formes plus graves d’infection au coronavirus que les non-fumeurs. Alors pourquoi ne pas profiter de cette période pour prendre la bonne décision ?

Sur le court terme, arrêter de fumer améliore les capacités respiratoire en réduisant l’inflammation au niveau broncho-pulmonaire entretenue quotidiennement par la fumée de tabac​. Cela veut dire qu’en cas d’infection au coronavirus vos poumons pourront mieux fonctionner, mieux oxygéner l’organisme et mieux résister à l’agression du virus.

Sur le long terme, arrêter de fumer a de nombreux avantages sur la santé et l’espérance de vie. Pour rappel, le tabac est responsable en France de 75.000 décès annuels, soit 12,5% du total des décès. Arrêter de fumer à 30 ans vous évitera ainsi de perdre près de 10 ans d’espérance de vie. De plus, il n’est jamais trop tard pour arrêter de fumer ; même à 60 ans, vous éviterez de perdre 3 ans de vie.

Si vous souhaitez une aide au sevrage du tabac, je suis à votre disposition.

Bien à vous,
Dr Radu MOISOIU

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